Port-Louis – Une ville 100 échelle

Port Louis, capitale et ville portuaire de l’île Maurice est une ville qui tend à évoluer dans un contexte interculturel très fort. Historiquement marquée par l’échange, elle se situe sur la route des épices à l’entrée de l’océan indien et montre un développement qui s’est tantôt appuyé sur la fonction portuaire, tantôt sur une autonomie de fonctionnement, à partir d’autres moteurs.

La fonction portuaire a structuré la ville suivant le principe de centralité et son plan en damier, typique des capitales coloniales prend appui directement sur les bassins portuaires. L’ensemble dessine un rectangle d’environ 200 hectares, dont l’occupation ordonnancée par des parcelles s’estompe progressivement à l’approche des faubourgs.

Depuis quelques années des projets de grande envergure commencent à voir le jour à Port-Louis. Cependant, cet étalement urbain se fait en gagnant du terrain sur l’océan ou en construisant sur des espaces agricoles de plus en plus rares sur l’île, délaissant ainsi des espaces et des lieux à l’intérieur de la ville, et privilégiant ainsi la rupture déjà présente entre ville et port: entre Port-Louis et son port.

Connue à travers le monde pour sa pluralité culturelle, Port-Louis pourrait être qualifiée de ville schizophrène. Le jour, une ville touristique et dynamique dont le mélange ethnique est le moteur, et le soir, une ville vidée de toutes ses activités, dans laquelle chaque communauté culturelle (indienne, chinoise, européenne ou africaine) se replie dans son quartier, participant ainsi à la division du territoire.

Au-delà de ses airs multiculturels, la ville de Port-Louis est marquée par cette surenchère ethnique qui participe, malgré elle, à la conservation d’un fossé entre chaque communauté: voilà ce qu’offre, au visiteur non averti, le paysage urbain mauricien.

L’avenir de Port-Louis se tourne vers le offshore. La ville tente de se renouveler en prenant comme modèle l’urbanisme des villes occidentales, à l’heure où celles-ci critiquent précisément ce qui a été fait sur leurs territoires dans les années 70.

L’enjeu de ce travail de recherche est d’expérimenter et de mettre en œuvre des processus d’urbanisation de la ville Port-louisienne, une ville qui doit faire face à son futur et doit se régénérer.